Anorexie mentale chez l’adulte et chez l’adolescent

L’anorexie mentale se déclare le plus souvent à l’adolescence. C’est peut être pour cela que ces jeunes femmes souffrant d’anorexie mentale sont plus exposées que celles plus âgées.

S’agit-il du même type d’anorexie?

Lorsque l’anorexie se déclenche après l’adolescence, il peut s’agir non pas d’une anorexie mentale, mais d’une anorexie en tant que symptôme d’autre chose, comme une dépression par exemple. Dans ce cas là on ne retrouve pas tous les traits du « mental anorexique » ; l’anorexie, la restriction alimentaire, est alors associée à une perte de l’appétit liée à l’état dépressif.

Cependant, l’anorexie mentale peut survenir après l’adolescence, et la maladie se définit de la même manière dans les deux cas. Mais cela n’arrive pas du jour au lendemain. L’anorexie mentale reste une maladie qui est liée à l’adolescence. En effet, c’est durant cette étape du développement du psychisme humain que la maladie s’installe, là où il y a une souffrance, une fragilité. Elle vient se positionner à ce moment et construire une sorte d’armure, de protection autour de la personnalité pour empêcher toute agression. Mais l’intensité des symptômes, en particulier alimentaires, n’est pas forcément très forte, et c’est pour cela que parfois l’on ne ressent ou ne voit rien d’anormal à cet âge. C’est plus tard, peut être face à une difficulté importante ou suite à une accumulation d’épreuves que les symptômes peuvent s’intensifier et devenir visibles ou engendrer une souffrance.

Ceci rappelle bien que l’anorexie mentale n’est pas qu’une difficulté alimentaire! La sélection d’aliments, la restriction importante, les conduites alimentaires aberrantes ne sont que la partie visible de l’iceberg, c’est pourquoi parfois ils peuvent être très discrets et n’apparaître que bien plus tard. Ou alors c’est l’aménorrhée qui devient problématique lorsque la femme cherche à avoir des enfants, et c’est à ce moment que la recherche diagnostic se fait…

Cela se soigne-t-il de la même manière?

Il s’agit de la même chose, donc les directions du soins sont identiques : prise en charge pluridisciplinaire avec un psy, un nutritionniste ou une diététicienne, une psychomotricienne ou un thérapeute corporel. Mais il s’agit quoiqu’il en soit d’adapter les prises en charge en fonction de chaque personne, de là où elle en est, de l’intensité des symptômes, et de ce qu’elle souhaite modifier.

Structures de soin

Aude Réhault

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10 Responses to Anorexie mentale chez l’adulte et chez l’adolescent

  1. Antoinette says:

    Bonjour,
    J’ai une fille de 22 ans qui souffre d’anorexie mentale sévère et de dépression tout cela dans un déni total. Elle vit recluse chez son père sans jamais sortir. Pour la première fois depuis 3 ans elle m’a rendu visite. Son extrême maigreur, des troubles du comportement, perte de cheveux… m’inquiétent énormément. Je vis en région parisienne et ma fille dans le Loiret. Est-il possible de l’obliger à se faire soigner sachant que son père refuse d’agir ?
    Merci pour votre réponse

    Antoinette

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Il est possible de l’obliger à aller à l’hôpital en signant une obligation de soin (il faut en plus la signature d’un médecin). Mais concernant les troubles alimentaires ça n’a pas beaucoup d’effet positif.
      Votre fille doit s’inquiéter elle aussi, notamment de sa perte de cheveux… elle sent forcément sa souffrance et sa douleur. C’est de ce sujet que je vous conseille fortement de parler avec elle, et non forcément de sa maigreur extrême.
      Vous pouvez lui proposer de visiter notre site internet (La Note Bleue ; SOS Anor)
      Cela peut déjà l’aider si elle est en souffrance.

      Aude Réhault

  2. So says:

    Bonjour,
    J’ai 41 ans et suite à un problème de santé (douleurs aiguës et invalidantes dans les mains, bras et cervicales), je souffre d’anorexie médicale survenue après 5mois de traitement antidouleur (perte d’appétit). Je mesure 1m61 pour 40kg environ.
    Cette restriction alimentaire imposée au fur et à mesure des mois me pourrit la vie. J’ai également des compulsions alimentaires depuis plusieurs semaines mais sans impact sur mon poids. Je ne me fais pas vomir. Je suis suivie par mon généraliste, une infirmière psy et une hypnothérapeute mais sans grand succès.
    Je pense que le problème est bien plus ancien et n’a fait que ressurgir face à la maladie. Quels seraient vos conseils en attendant de pouvoir rejoindre une structure d’accueil de jour (pas de place avant mars 2016!) car j’ai l’impression que ma vie m’échappe et que ma famille ne résistera pas longtemps à cette situation. Merci.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      Si vous habitez en région parisienne je vous conseille de venir consulter chez nous! En attendant mars 2016 vous ne pouvez pas restez comme ça, surtout si vous êtes rentrée dans le cercle vicieux : restriction/compulsion/restriction/compulsion… Cette souffrance est trop grande!
      Vous pouvez prendre un rdv auprès du secrétariat au 01.34.90.23.54.
      L’intérêt est de vous aider au moins au niveau purement alimentaire. Après il y a tout le reste que l »on vous propose, je vous renvois vers le site sosanor.org, si cela peut vous aider en plus. Mais au vue de ce que vous écrivez il faut le minimum d’accompagnement pour vous aider.

      Aude Réhault

  3. Amori MILILI says:

    Je suis Milili amori j’ai 27 ans je fais 1m78 pour 58 kg je n’arrive pas à grossir et manger est devenue un réel problème. Le fais de cuisiner et de manger me fais mal et je dors mal due à une grosse fatigue mental. Je me bats depuis mes 14 ans. J’ai vraiment besoin de m’en sortir. Je travail en centre hospitalier et je sais pas comment faire ou en qui en parler pour être aidé. J’aimerais partir en centre pour anorexique pour adulte mais comment faire?

  4. COMBARELLE Nathalie says:

    je suis anorxique et même si j’ai repris du poids (entre 43 et 44 pour 1m58) à cause de l’alcool car je souffre d’une dépression depuis plus de deux ans .cette anorexie est apparue à l’adolescence mais est restée jusqu’à ma dépression. j’ai été hospitalisée 3 mois (de mars à juillet dernier) dans un centre en indre et loir mais non spécialisé ds les tbles alimentaires. comme les problèmes alimentaires reviennent totalement, j’aimerais savoir si vous avez des adresses de centre de soins où éventuellement , je pourrais être hospitalisée pr l’anorexie car , malgré une thérapie qui m’aide pr la dépression, je ne crois pas que j’arriverai seule à sortir de l’anorexie qui empoisonne ma vie! merci d’avance

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      Si vos troubles du comportement alimentaire sont apparus avant la dépression, il est possible que cette dernière soit la conséquence des troubles alimentaires. Il est alors important de comprendre que tant que l’anorexie fait toujours partie de votre vie, la dépression restera ou pourra revenir… Les deux sont donc intimement liés.
      Pour une hospitalisation je vous renvois à la page du blog « Où se soigner ». Si ces propositions ne vous conviennent pas, je vous conseille de trouver vous même un psy, une diététicienne ou un nutritionniste et une psychomotricienne ou un thérapeute corporel, pour créer vous même votre équipe de prise en charge. Il est important que vous ayez un suivi sur ces 3 sphères qui dysfonctionnent. Et c’est la synergie de cette prise en charge qui permet la guérison…

      J’espère avoir répondu à votre question.

      Aude Réhault

  5. chantal says:

    j’ai la fille de mon compagnon qui souffre de cette maladie. elle est suivie par un psy simplement et sa situation n’evolue pas. elle mange tres peu et des aliments peu calorifique quand c’est le cas, elle passe de la bonne humeur à l’irritabilité très facilement, ne veut voir personne. donnez-moi un conseil svp

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Les changements d’humeur sont liés à son état interne. Dîtes vous qu’elle souffre chaque jour d’un mal qu’elle ne comprend pas voire n’identifie pas ; la restriction alimentaire et les obsessions qui en découlent engendrent une grande frustration et des préoccupations qui peuvent aussi être à l’origine de ses humeurs. Ce qui est important, c’est d’essayer de lui parler d’autre chose que de la nourriture (elle y pense déjà chaque minute qui passe, comme pour éviter de penser au reste). Questionnez là sur son humeur, les cours, ses amis, ses loisirs, ce qu’elle aime…tout ce qui touche l’agréable et le plaisir doit être absolument maintenu ou développé… Et essayons de comprendre pourquoi elle ne veut plus voir personne…?
      Quant au psy, cela n’est malheureusement que rarement suffisant. Il faut qu’elle soit suivi aussi par une diététicienne/nutritionniste (sans que l’objectif principal soit la prise de poids, mais plutôt le rééquilibrage alimentaire) et une psychomotricienne pour le travail sur le corps.
      J’espère avoir répondu à vos question,

      Aude Réhault

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