Je ne suis pas assez malade pour demander de l’aide

Combien de fois ai-je pu entendre cette phrase? C’est une considération que j’ai toujours trouvé étonnante…

Parfois, une personne qui souffre d’un trouble alimentaire n’ose pas ouvrir la porte d’un spécialiste car elle ne se sent pas légitime. Comme si ses symptômes, ses souffrances n’étaient pas à la hauteur, ou pas assez importants. Mais par rapport à quoi? « Par rapport à ce que l’on peut voir à la télé »… Ou alors « c’est pas très grave, il y a des jours où ça va. » Ou encore « Je peux m’en sortir toute seule, c’est pas si compliqué de manger normalement, tout le monde le fait ». Oui sauf que par définition, un trouble alimentaire, c’est une difficulté à manger « comme tout le monde »…!

Mais que faut-il attendre finalement? D’être en-dessous de 30kg? Faire des crises de boulimies jusqu’à s’endetter ou voler? Vomir 6 fois par jour au point de ne plus pouvoir vraiment travailler? Ces évolutions, je ne les souhaite à personne. Alors pourquoi attendre que l’état soit grave, au point d’en être terriblement humiliant et dangereux? Pourquoi ne pas laisser sa fierté de côté et prendre au plus vite les conseils de ceux qui connaissent très bien la maladie et peuvent vous aider à déjouer ses mauvais tours?

N’oublions cependant pas la difficulté à trouver des spécialistes! Il est vrai que j’entends aussi souvent des personnes qui ont pu faire les démarches de soin suffisamment tôt, mais sont « tombées » sur des médecins ou thérapeutes qui n’étaient pas vraiment des spécialistes, et qui ont finalement mal conseillé, voire facilité l’aggravation de la maladie. Alors faites attention à la personne que vous choisissez de consulter lorsque vous êtes prêt à vous lancer. Et n’oubliez pas que les soins à distance se développent de plus en plus si vous ne trouvez personne près de chez vous.

Aude Réhault

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Les pouvoirs du cerveau dans la guérison d’un TCA

Quelques lignes pour faire le lien entre les soins aux TCA et les pouvoirs de guérison du cerveau évoqués dans l’ouvrage de Norman Doidge

Comment le cerveau fonctionne-t-il ? Qu’est-ce que la plasticité cérébrale ?

Si une activité est répétée, les liaisons entre neurones qui s’y rapportent s’intensifient et nous rendent plus efficaces alors qu’à l’inverse, cesser de pratiquer une activité sur une période assez longue affaiblit ces connexions neuronales : ce principe ouvre de nombreuses pistes de soin !

Comment soigner à partir de ce principe de neuroplasticité ?

Par exemple, en « détruisant des connexions nuisibles » selon l’expression de N. Doidge, comme celles liées aux comportements boulimiques associés à des émotions particulières.

Ce psychiatre américain prend justement l’exemple d’ «une personne qui éprouve le besoin de manger chaque fois qu’elle se sent perturbée émotionnellement. Parce qu’elle a associé nourriture et diminution de la douleur psychique, il lui faudra apprendre à les dissocier si elle veut se débarrasser de cette habitude*.» Mais là, cette dissociation pourra s’appuyer et même se pérenniser par la neuroplasticité, avec l’affaiblissement progressif des connexions nuisibles et le renforcement des nouvelles connexions positives, celles des comportements qui viennent peu à peu remplacer les crises de boulimie.

Une autre piste de soin pour changer la perception de son corps :

« La carte cérébrale « d’exploitation  » de notre image corporelle est le produit de la combinaison de multiples cartes : les premières cartes biologiques fondées sur les données sensorielles de notre corps et les cartes créées de toutes pièces à partir de notre reflet dans le miroir, d’une jolie photo de nous-même, voire d’une image médicale comme une radiographie… tout ce qui peut être considéré comme une représentation de soi finit par se tracer un chemin dans la carte d’exploitation du corps imaginaire »* A fortiori, toutes les activités corporelles, sports et activités dites de conscience corporelle (yoga, Taï chi chuan…) apportent de multiples informations sensorielles qui contribuent à remodeler cette image de soi mentale et réduire ainsi la distorsion entre perception du corps et réalité.

Ces pistes se retrouvent au cœur du soin en psychomotricité face aux TCA !

En effet, le soin en psychomotricité propose toutes sortes de médiations corporelles qui vont :

– contribuer à nourrir le cerveau en informations sensorielles participant à la représentation du corps et ainsi aider à sortir de la dysmorphophobie**,

– proposer des outils corporels adaptés à chaque personne pour répondre aux émotions autrement que par l’aliment, des exercices qui viennent construire par la répétition de nouveaux circuits cérébraux qui ne soient plus nuisibles…

* Extraits de Guérir grâce à la neuroplasticité

**Trouble de la perception du corps (Cf. http://association-lanotebleue.fr/les-troubles-de-la-perception-du-corps-petite-explication/)

Blanche Augarde-Dollé

Psychomotricienne

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L’ère de la psychiatrie s’étend à la neurologie!

Nous savons aujourd’hui grâce à la neuro-imagerie que le cortex préfontal dorsolatéral (DLPFC) bénéficie d’un rôle clé dans l’élaboration des fonctions exécutives (planification, organisation, élaboration de stratégies…) et que cette zone est impliquée dans certains troubles psychiatriques. La rTMS (stimulation magnétique transcrânienne à répétition) vient répondre à cette problématique en émettant un champs magnétique sur cette zone du cerveau afin de modifier l’activité électriques des neurones (pour en savoir plus sur la technique, cliquez ici ).

Si la rTMS est aujourd’hui reconnue comme un traitement pour la dépression de seconde intention aux Etats-Unis, elle a également montré une efficacité dans les troubles des comportements alimentaires.

Aussi, le nombre d’études impliquant la rTMS et les troubles du comportement alimentaire ne cesse d’augmenter depuis les années 2000. Et pour cause, les troubles du comportement alimentaire touchent jusqu’à 3 % de la population française et de nombreux traitements et thérapies restent inefficaces. L’exemple de l’étude de McClelland en 2016 est une réussite. Elle prédit qu’une séance de rTMS permet de réduire de manière convaincante les symptômes de l’anorexie (diminution de la sensation d’être gros, de l’urgence de se restreindre) et améliore les prises de décisions prudente en augmentant le contrôle cognitif par rapport à un groupe placebo n’ayant pas bénéficié de rTMS.

A notre échelle, au Centre SOS-Anor, une étude réalisée en 2017 a montré que sur 26 patients souffrant de boulimie, la SMT a eu un effet (très important chez 25 à 30 % et important chez 30 %) sur le nombre de crise de boulimie, sur le sommeil, sur les ruminations alimentaires et sur l’anxiété.

C’est encourageant !

Myriam Cordelle, Psychologue Clinicienne

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Une piste pour améliorer la perception de notre corps

Comment voir notre corps tel que les autres le voient : rencontre autour du Scan 3D avec Digitage.

Par Blanche Augarde-Dollé, Elisa Bessellere et Myriam Cordelle

Blanche, Myriam et Elisa ont rencontré le studio Digitage pour proposer une nouvelle médiation aux patients du centre Sos anor dans le cadre de leurs séances en psychomotricité. Cette rencontre avait pour but la présentation de la photogramétrie : une technique de capture d’image et de reconstruction numérique du corps. Ce processus permet d’obtenir une image du corps avec des proportions réelles sous des angles inhabituels : l’occasion de se voir telle que l’on est vraiment.

 

Pourquoi utiliser la photogramétrie?

C’est l’occasion d’avoir une image réaliste de soi vu en 3D. Cela permet d’observer son corps de manière différente et de travailler l’image du corps.

Les images obtenues comportent plusieurs options :

  • S’observer sans la texture qui donne un effet “statue de terre” et permettre une nouvelle manière d’appréhender les volumes sans être parasitée par la couleur du corps ;
  • Observer une partie du corps, et se concentrer uniquement sur celle-ci ;
  • S’observer avec une vue “orthographique” : soit la manière classique de se voir, comme sur les photos ou dans un miroir ;
  • S’observer avec une vue en perspective : c’est-à-dire se voir avec la perception des volumes.

L’observation se fait sur l’ordinateur. Il est aussi possible d’imprimer une petite statuette de soi en impression 3D.

 

 

 

Comment se déroule la séance ?

Un rendez-vous est programmé avec le studio. Vous y allez accompagné d’un membre du centre Sos-Anor.

La prise de photo se fait seul avec un membre du studio et, si vous le souhaitez, l’accompagnateur du Centre SOS-Anor.

Elle est réalisée dans une cabine qui regroupe plusieurs dizaines d’appareils permettant une prise de mesure exacte et sous tous les angles.

Elle est très rapide. Il faut moins de 5 minutes pour le temps de pause, la prise de photo et le traitement des premières images. Un seul cliché suffit mais on peut le répéter si on le souhaite.

Le traitement informatique des images et éventuellement l’impression 3D prennent ensuite quelques jours.

Les images peuvent alors être utilisées en séances avec vos thérapeutes.

En conclusion

Lorsque l’image du corps est déformée par le trouble des conduites alimentaires, observer et manipuler son image sera l’occasion de se percevoir sous un angle différent.

La technologie 3D offre une image de soi plus réelle, qui n’est pas déformée comme par l’émotion quand on est face au miroir.

 

Si vous êtes intéressé(e) par cette médiation, merci de contacter les psychomotriciennes : b.augarde@yahoo.fr, ou elisabessellere@gmail.com ou la directrice, psychologue clinicienne myriam.cordelle@gmail.com

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