Un corps – des corps… l’intérêt d’un groupe psycho-corporel pour les troubles du comportement alimentaire

Voir et être vu...voilà le credo d’une pratique groupale à visée thérapeutique pour les patients atteints de troubles du comportement alimentaire.

En effet, nombreuses sont les patientes qui témoignent de leurs tendances à la comparaison…avec les passants dans la rue, des amis, des models sur des photos,…et toujours cette même interrogation anxieuse et répétée à l’égard de leur entourage, leur conjoint ou encore à soi-même: « Suis je comme celle-ci ou cela, suis je plus grosse, plus mince,…? »

Chercher un miroir, un reflet quand le miroir intérieur est aveugle, quand nous ne savons plus comment nous sommes…voilà l’Image du Corps altérée, floue, peu rassurante et qui freine considérablement le processus de guérison des personnes atteintes de TCA.

Bien souvent l’Image du Corps est mal ou peu intégrée,…la patiente tente de se « bricoler » une image à partir de ce qu’elle voit chez l’autre…mais se fie peu à sa propre image mentale, faite de sensations, de perceptions somesthésiques, kinesthésiques, proprioceptives et tactiles, qui parfois seront interprétées à l’opposé de ce qui est vu de l’extérieur.

Au-delà du visuel, qu’en est-il de la proximité du corps de l’autre, comment donner une place à son propre corps parmi les autres? C’est toute la question du corps en sa qualité de vecteur de communication qui s’y pose, du corps en relation. Des attitudes et des postures, souvent inconscientes, reflètent la relation que la patiente entretient avec son propre corps mais aussi avec les autres. Nous observons des attitudes de repli postural, d’inhibition psychomotrice trahissant des difficultés à habiter son corps. Difficile dans ces conditions d’entrer en relation avec l’autre et en effet, la personne malade s’isole peu à peu, réduisant ses relations sociales au stricte minimum.

C’est là tout l’intérêt de travailler ces questions dans un groupe, qui permet de prendre le risque de s’exposer mais aussi de s’y sentir contenu. Le corps groupal a l’avantage de soutenir des mouvements identificatoires. Le cadre spatial et temporel y constitue un contenant, une aire de jeu où se mettront en scène le rapport de la personne à son corps et à celui des autres.

Synnewa Meyer (psychomotricienne)

 

This entry was posted in Actualité, Médical and tagged , , . Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *