Mental anorexique

Au delà de la non alimentation : une construction psychique spécifique.

La personne souffrant d’anorexie ne se réveille pas un beau jour avec une envie subite de régime. C’est le régime qui va révéler une réalité psychique latente jusqu’alors inconnue.
L’anorexie mentale n’est donc pas qu’une difficulté alimentaire ; il y a derrière la restriction et/ou la boulimie tout un état d’esprit qu’il va falloir combattre.
anorexie
Forcer une personne souffrant d’anorexie à manger, est peine perdue, et une crise de boulimie relève d’une pulsion incontrôlable. Lui exposer votre incompréhension face à son comportement alimentaire est comme vous expliquer que vous ne savez pas comment respirer correctement…Le mental anorexique est un état d’esprit qui est rodé dans son système comportemental ; ce qu’il faut, c’est comprendre la souffrance cachée et le fonctionnement psychique qui s’est construit dès l’adolescence derrière le comportement alimentaire.

anorexie

Voyage dans le « mental anorexique » :

Contrôle absoluLe mental anorexique ne connait pas la spontanéité: un repas imprévu, une sortie entre amis, le retard d’un proche…. Le hasard ne fait plus partie de sa vie réglée comme du papier à musique. Cette hyper-contrôle empêche l’hyper angoisse de se laisser vivre.

Besoin de minceurLa volonté d’être encore plus maigre et la peur de grossir sont liés au fait qu’il existe un trouble de la perception de l’image du corps. La personne souffrant d’anorexie ne se perçoit pas comme elle est, et ne ressent ni ses limites corporelles, ni le plaisir des sens.

HyperactivitéLa pratique excessive de sport permet de perdre du poids, mais sort aussi de la passivité et l’oisiveté qui ne peuvent pas faire partie de la vie de l’anorexique.Il lui faut sans cesse être en lutte, agir et refuser. L’hyper activité intellectuelle offre la possibilité de ne pas ressentir. L’esprit est occupé, et les pensées alimentaires obsédantes sont éloignées.

Perfectionnisme : Pour ces trois aspects, la personne est motivée par la recherche de contrôle et de perfection. L’idéal de soi qui est en elle est tyrannique ; elle doit être parfaite. C’est comme une loi intérieur presqu’inconsciente qui dicte ses pensées et son comportement. Cet idéal de la valeur de soi est d’autant plus fort que l’estime qu’elle a d’elle-même est faible. Dans sa quête de perfection, elle ne sera donc jamais assez bien selon ses règles internes qui régissent sa pensée.

Se protéger des émotions : La personne se verrouille émotionnellement, car ne réussit à gérer ses émotions qui la désorganisent. La restriction alimentaire va permettre d’anesthésier sa vie émotionnelle pour ne plus ressentir ces choses qui lui font peur ou la font souffrir. La crise de boulimie apparaît quant à elle lorsque ces émotions sont trop intenses, et que le fonctionnement restrictif, demandant trop d’énergie, n’est plus opérationnel. Mais ces difficultés de gestion de la vie émotionnelle alimente un lien de dépendance à l’entourage. En effet, les désirs deviennent ceux des autres, car elle ne peut ressentir ses émotions qui lui sont propres. La personne souffrant d’anorexie ne se connaît que dans l’anorexie.

Mais prise une à une, ces caractéristiques pourraient être autant de qualité. Associées, elles constituent le mental anorexique, cette pensée qui emprisonne.

Vous avez parfois conscience de na pas être comme tout le monde, que cette perfection vous prive de la vraie vie. Vous êtes parfois une spécialiste de votre trouble, mais le mental anorexique vous interdit d’en prendre conscience, ou vous met devant la certitude que ce que vous vivez vous ne pouvez le changer. Mais le changement est possible!!!

34 Responses to Mental anorexique

  1. Julien Keller says:

    Bonjour,

    Voilà, il semblerait qu’actuellement mon plus gros écueil soit le « mental anorexique » dont vous parlez. Je me permets d’ailleurs de copier/coller ci-dessous ce que j’ai publié sur un forum, en quête de témoignage susceptible de m’aiguiller pour sortir de ce calvaire :

    « Hey les chatons,

    Voilà maintenant presque trois ans et demi que je suis tombé dans l’anorexie. Je vous épargne la (très) longue histoire qui m’a conduit dans cette galère.

    Aujourd’hui, la part « adulte et raisonnée » de moi a conscience que l’anorexie est une stratégie d’évitement de 27 années d’un état dépressif omniprésent et qu’elle ne constitue pas une réponse à cet état.

    Problème, la part « enfantine, anxieuse et déraisonnée » est toujours bloquée devant l’idée de « reprendre du gras ». Plus globalement, je suis capable de manger en grande quantité chaque jour, mais toujours des produits assez pauvres en lipide. Pire, je suis passé d’une anorexie à une « orthorexie » : toujours bien équilibrer les repas (fruits et légumes, viandes, féculents, laitages… avec tendance à accentuer les fruits et légumes).

    Cela est devenu un rite alimentaire depuis des mois, qui s’inscrit dans une vie de plus en plus ritualisée. Tout doit être planifié à l’avance (repas, loisirs, emploi du temps…), sans quoi je ne suis pas tranquille. Je ne peux manger sans envisager de faire un certain nombre d’activités ensuite (sans quoi je pense grossir).
    Mes journées deviennent interminables, je me couche à 1h du matin minimum pour me lever, boulot oblige, à 6h.

    Toute organisation de journée qui se passe bien et me donne l’impression d’être « compatible » avec mon état d’esprit actuel (ne pas maigrir et ne grossir qu’en prenant du muscle) tend rapidement à devenir habitude (aller au pain avant le travail, thé à 10h, café à 11, repassage de linge, vaisselle, une douche au réveil, une avant de se coucher…).

    Bref, mes semaines laissent assez peu de place au relâchement et quand celui-ci arrive je suis assez vite rattrapé par mon besoin de me projeter vers les « tâches à accomplir ». Cela me déprime de plus en plus et me conduit, à 27 ans, à prendre trois antidépresseurs chaque matin…

    Pour résumer, je sais que cette ritualisation me pourrit littéralement l’existence, que je pourrais essayer de m’en débarrasser. Mais elle a désormais tellement d’emprise sur moi que je ne vois même pas comment faire, mes séances de psy ayant éludé étrangement ce monstre oppresseur.

    Aujourd’hui et comme bien souvent depuis trois ans, je suis convaincu que seule la survenue d’un fait « exceptionnel » (grave ou non, mais en tout cas indépendant de ma volonté sous emprise…) pourra me faire partir dans un autre délire, comme on dit.

    J’imagine (espère?) que certains ont déjà vécu cela et s’en sont sortis. Peuvent-ils témoigner please?

    Cordialement les chatons 🙂 »

    Concrètement, je suis pris entre la crainte et la conscience que perdre davantage peut m’être fatal et l’incapacité de regrossir (blocage sur le principe de reprendre de la graisse et incapacité à sortir de la spirale quotidienne imposée par le mental anorexique). Cette situation me fait perdre de précieuses années et ça me déprime…

    Sauriez-vous m’aider please?

    Julien

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      A vous lire, j’ai le sentiment que vous n’avez peut être pas mis en place autour de vous une équipe de spécialistes pour vous aider à lutter contre tous les aspects de la maladie… La dualité interne et l’ambivalence semble très fortes chez vous. Mais ce n’est pas une fatalité. Attendre que quelque chose se passe va vous laisser glisser dans le pire en pire…Vous êtes sûrement déjà épuisée de votre lutte intérieure, et c’est pour cela que vous devez pouvoir vous reposer sur vos thérapeutes (psy, diét et thérapeutes corporel) pour pouvoir avancer dans le soin en prenant en considération ce double qui vous habite.Il faut l’écouter, l’entendre et savoir le rassurer pour que vous puissiez avance.
      Si vous avez besoin d’aide pour trouver des spécialistes, n’hésitez pas à m’envoyer un mail : arehault@gmail.com

      Aude Réhault

  2. Christine says:

    Bonsoir Madame,
    Ma fille de 16 ans est anorexique depuis mai 2016. Malgrés un parcours de soins mis en place dès le début de sa maladie (Psychologue, Psychiatre + anti dépresseurs, Nutritionniste) son état de santé s’est fortement dégradé en novembre d’où une hospitalisation avec pose d’une sonde gastrique. Depuis janvier ma fille va mieux avec reprise de poids, meilleur moral et retour en cours. Depuis 1 mois elle fait beaucoup de cauchemars en lien avec sa maladie et entend une voix menaçante qui la culpabilise de vouloir guérir et de profiter des plaisirs de la vie (vacances, balades,…)
    Cette voix prend de plus en plus d’ampleur, la maladie reprend le dessus avec à nouveau restriction alimentaire, angoisses, pleurs, moral en baisse.
    Ma fille aimerait comprendre ce qui lui arrive, est-ce une phase habituelle de la maladie?
    Comment puis je l’aider?
    Merci pour votre aide.

    • Aude REHAULT says:

      Bonsoir madame,
      Excusez nous pour notre temps de réponse… Ce que vous décrivez semble être « habituel ». La petite voix qui la dirige est celle d’Ana, la partie anorexique qui est en elle. Plus Ana est menacée, plus elle se bat et lutte pour reprendre le dessus. Il s’agit d’une véritable lutte intérieure. Le psychisme, dans sa dualité anorexique, est en guerre pour un territoire, le corps. Les cauchemars sont sûrement l’expression de cette lutte intérieure. La vie nocturne est tout aussi cauchemardesque que la vie diurne.
      Dans cette phase, votre fille a besoin d’être très accompagnée par des spécialistes. Elle se sent peut être désemparée face à cela, et une équipe pluridisciplinaire autour d’elle doit pouvoir la soutenir, l’accompagner. Il s’agit de combattre, tout en cherchant à comprendre l’ennemi intérieur. Il faut entendre ses peurs, ses angoisses, pour trouver une sorte de dialogue intérieur et amener le débat plutôt que la guerre… Il est très difficile d’avoir ce rôle en tant que parent/proche. Ce que vous pouvez faire, c’est l’accompagner pour l’aider à trouver les bons thérapeutes, les spécialistes, et ceux en qui elle a confiance.
      Votre fille n’en est peut être plus là aujourd’hui, mais n’hésitez pas à nous envoyer un mail ou nous appeler si vous avez besoin de plus de conseils ou explications.

      Aude Réhault

  3. Gg says:

    Bonjour
    Je voudrais savoir on me dit que je suis atteinte d’anorexie mais je ne comprend pas trop je veux manger je veux grossir mais j’ai pas là sensation davoir faim par contre mentalement c les même symptômes on peut etre anorexique même si nous voulons grossir ??

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Oui tout à fait. Souffrir d’anorexie mentale ne veut pas dire que l’on refuse forcément de manger. Il s’agit de maladies beaucoup plus compliqué que ça. Les comportements diffèrent selon les personnes, le poids peut être très bas ou « normal »… ce n’est pas ce qui est à regarder. C’est le mental anorexique qui sous-tend le tout. Il s’agit d’un fonctionnement psychique à part entière.
      Vous pouvez trouver plus de descriptif sur le site de La Note Bleue-Mental anorexique ou sur le site de SOS Anor-Mental anorexique.

      Aude Réhault

  4. Johelr says:

    Bonjour
    J’ai une petite question : est-ce que le mental anorexique peut expliquer des échecs professionnels répétés et épuisants ? Je me pose cette question car ma vie professionnelle est un échec malgré toute l’énergie que j’y laisse … Anorexique à 14 ans , sans réelle guérison, j’ai bientôt 46 ans, quatre vingt CDD à mon actif, une embauche en secteur privé de 2 ans et une non titularisation dans la FPH très très récente (aujourd’hui). L’hyperactivité génère une approche non efficace du travail, le contrôle absolu se traduit par des troubles de vérification, le manque de confiance en soi quand la toute puissance de l’anorexie est remplacée par des compulsions ne convient pas au monde du travail qui exige de l’individu d’être « fort », le perfectionnisme fait peur aux collègues qui ont le pouvoir notamment dans la fonction publique de te « détruire » et les émotions mon dieu, les bloquer par l’anorexie c’est une chose mais les gérer sans elle, c’en est une autre !!!! Voilà ce fichu mental détruit autant que les troubles alimentaires même si je pense que les carences générées par ces derniers jouent aussi un rôle sur ce mental ! Voilà, il fallait que ça sorte, surtout ce soir !!! Merci de m’avoir lue !!!

    • Johelr says:

      Je voulais rajouter que j’ai fait récemment un bilan de compétence pour lesquels les tests psychotechniques étaient excellents voire plus. Je pensais que ces années de trouble m’avaient amoindri l’intellect et le cognitif ! A priori non! C’est pour cela que j’ai songé à ce fameux mental ! Vous dites à la fin de cet excellent article que le changement est possible. Je pense avoir changé mais il reste des résidus difficiles à ôter, surtout sur du long terme..
      Merci encore

      • Aude REHAULT says:

        Merci à vous pour ce témoignage. Je pense que beaucoup de personnes pourront se retrouver dans vos mots.
        Le mental anorexique est en effet un fonctionnement psychique en tant que tel. Et vous décrivez très bien l’impact que cette modalité peut avoir sur la vie professionnelle.
        La synergie d’une trajectoire de soin pluridisciplinaire va permettre de « contrer » un peu le mental. Si vous êtes « en travail » sur le plan ET corporel ET psychique ET alimentaire, le mental peut se modifier, se réajuster, s’assouplir… C’est une lutte interne intense et usante ; d’où l’intérêt de pouvoir se reposer sur une équipe de soignant qui peuvent vous accompagner dans cette bataille, pour vous donner des nouveaux, outils, en réparer d’autres, vous aider à optimiser vos temps de repos entre les différents champs de bataille.
        Les groupes de parole sont aussi d’une grande aide, notamment pour accélérer les changements. Il n’y a rien de plus surprenant et donc générateur de mouvements internes, que d’entendre ses souffrances, en miroir, dans la bouche de quelqu’un d’autre.

        N’hésitez pas à nous contacter si vous avez besoin d’aide.

        Aude Réhault
        Psychologue Clinicienne-Psychothérapeute

  5. Paturel says:

    Bonjour,
    je découvre tout juste cet article et je me reconnais dans chacun des points.
    Il y a deux ans j’ai voulu commencer un régime et je suis tomber dans l’anorexie mentale. J’ai perdu 20 kilos en quelques mois, j’ai été suivie par une endocrinologue et un psychiatre et depuis j’ai retrouvé un IMC tout à fait normal.
    Cependant je conserve des séquelles de cette maladie et notamment le compte systématique des calories que j’ingère et que je dépense.

    Auriez-vous des conseils à me donner pour que je lâche prise sur cet aspect de la maladie ?

    Cordialement.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Je pense que vous devriez entamer le travail corporel. Le rapport que vous avez avec votre corps est essentiel dans ces difficultés. Vous pouvez rencontrer une psychomotricienne, ou un kinésiologue, ou un acupuncteur, plein d’autres types de thérapeutes corporel existe… le type d’outil thérapeutique est à choisir par vous, mais le travail vers la reconnexion à votre corps est INDISPENSABLE.

      Aude Réhault

      • BUCHEL Aurélie says:

        Je suis exactement dans le même cas, d’ailleurs je suis aussi devenue anorexique en entamant une phase de régime ou j’ai perdu 35 kilos en 6 mois,je ne mangeais plus de sucre, de féculent et de gras et je passais deux heures pas jours à la salle de sport. Maintenant j’ai retrouvé un poids normal mais je ne supporte pas de me voir comme ça et je compte toujours les calories que j’essaye de dépenser toujours en sport que j’ai diminué mais cela reste difficile de manger sans me poser 100 000 questions à la seconde…

        • Aude REHAULT says:

          Bonjour,
          Merci pour votre témoignage. Avez vous un accompagnement avec un thérapeute corporel? Cela pourrait vous aider à vous apaiser vis-à-vis de votre image corporelle. Et toutes les techniques de méditation et hypnose peuvent aussi vous être utile par rapport aux 100 000 questions que vous vous posez…

          Aude Réhault

          • BUCHEL says:

            Bonjour, merci de votre réponse. J habite sur metz, je ne sais pas si il y a des thérapies de ce genre ? Je penses que oui j aimerai tenter… Car oui physiquement je me sens mieux mais mentalement j ai l impression que c est pire qu avant… Merci pour votre réponse

        • Julie says:

          Bonjour ma soeur est anorexique elle est allée en centre et vient de rentrer. Elle a difficile de manger et dit qu’ elle n en veut pas. On doit lui dire quoi ? La pousser ? Merci.

          • Aude REHAULT says:

            Bonjour,
            Le suivi diététique est souvent le plus compliqué. La forcer ne sert pas à grand chose. il faut être présent auprès d’elle et accepter ses angoisse. En soit, vous ne pouvez faire grand chose. En revanche vous pouvez l’inciter à échanger avec son thérapeute diététique. Il est indispensable qu’elle est une proposition de menus qui soit en adéquation avec ce qu’elle peut manger aujourd’hui. Le thérapeute doit s’adapter et accompagner le changement en fonction de ses angoisses alimentaires. Il faut donc impérativement qu’elle est un dialogue ouvert avec cette personne.

            N’hésitez pas à lui proposer de nous écrire par mail si elle souhaite avoir des conseils auprès de la diététicienne de l’association (sachant qu’il ne s’agit pas d’un substitut à son suivi).

            Aude Réhault

  6. Amélie says:

    Bonjour, j’ai 23 ans et je souffre d’anorexie mental.

    Je ne me fais pas vomir, mais je mange peu et pratiquement aucun aliments sucré ou en encore matière grasse.

    J’ai pris la décision il a un peu plus d’un an de manger équilibré et j’ai perdu 30 kg. Je suis donc suivie par une diet.

    Je pèse 60 kilogs pour un 1.72 ce qui n’est pas alarmant. C’est d’ailleurs ce que m’a dis mon médecin traitant qui a refusé de m’aider car je le cite  » lui même ne mange pas de féculent et n’a pas de problème ». Alors que je lui ai expliqué mes insomnie, ma fatigue, mon manque de concentration au travail, mes mains et pied constamment gelée.

    Je suis allée à l’hôpital pour une grippe, je suis en hypoglycémie a longueur de journée. Cela ne m’empêche pas d’aller au sport 5 fois par semaines.

    J’ai entamé une psycho thérapie mais je me sens pas la force d’y arrivée. J’en suis a un point ou je ferai n’importe quoi pour ne pas grossir. Manger pour moi est une corvée, je suis fatigué mentalement et physiquement.

    Je lis ces témoignage et outre le fait que je me sens moins seule, je me reconnais à travers toute cette souffrance et cette lutte intérieure.

    Bon courage a toute

    • BUCHEL Aurélie says:

      Bonjour,

      Je suis dans le même cas que toi, j’ai aussi été à l’hopital pour une grippe, j’ai cru que j’allais mourir…

      Je suis en phase de guérison, mais je te comprend car je sais que c’est très difficile, je pratiquais le sport deux heures par jour du lundi au dimanche. Je ne mangeais ni de sucre, ni de féculent, ni de gras. Sans parlé des hypoglycémies à répétition…

      J’avais toujours froid, impossible de dormir (surtout quand je mangeais une cuillère de plus que d’habitude).

      Courage, il faut se battre contre le cerveau.

  7. ex anorexique says:

    Bonsoir

    Je souhaitais témoigner. J’ai souffert d’anorexie mentale de mes 18 à 21 ans ce qui a complètement gâché mes études (je suis descendue à 34kg pr 1m63 et n’arrivais plus à me concentrer. A l’époque mes parents n’ont rien vu puis m’ont fait arrêté ma 1ère année post bac pour tenter de m’hospitaliser. Malheureusement ça n’a pas marché et donc j’ai réussi une année d’étude et ensuite j’ai replongé. Cette maladie a gâché les plus belles années de ma vie et surtout cela a eu un impact énorme sur ma vie professionnelle. En effet, à cause de cette maladie, j’ai finit par abandonner mes études pour aller travailler. résultat je n’ai aucun diplôme alors que j’avais des bonnes notes à la base je n’étais pas une mauvaise élève. Je regrette énormément.

    10ans plus tard, je suis en dépression car quand je fais le bilan de ma vie, je trouve que ma vie est plutôt un échec. Je n’ai rien construit cette maladie a complètement gâché ma vie et j’ai du mal à voir le positif.

    ce message est destiné à faire prendre conscience aux jeunes filles qui seraient ds leurs études supérieures de prendre soin d’elles pour qu’elles ne gâchent pas leur avenir comme cela a gâché le mien. J’espère qu’elles auront un déclic.

    Me concernant coté études c’est « mort ». Mais pour les jeunes c’est encore possible.

    Bonne continuation.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      En effet, il est difficile pour certaines personnes de prendre conscience de la gravité de son état. Le trouble de l’image corporelle fait qu’il est difficile de se voir tel que l’on est pour certaines, pour d’autres ce sont les sensations physiques qui sont mises de côté, tout simplement, et le corps n’est donc pas important. Il y a quelque chose au niveau cognitif qui fait que vous voyez, mais en même temps ça n’est pas inquiétant… Pourquoi s’engager dans un parcours de soin très contraignant alors que « je me sens bien, que tout fonctionne dans ma vie ; certes il y a des choses qui sont difficiles, mais il n’y a rien de grave, toujours pire ailleurs, et mon petit mal être va disparaître plus tard, j’ai pas à me plaindre… ». Et puis il y a l’ambivalence et la dualité interne : « j’y vais, mais j’y vais pas. C’est grave, mais c’est pas vraiment grave je vais m’en sortir seule ; c’est peut être important de prendre les choses en main maintenant, mais non c’est pas si grave je ne vais pas m’embêter ou embêter des médecins pour ces caprices »…

      Le fameux déclic, arrive pour certaines ; du jour au lendemain, elle prend conscience de tout. Pour d’autres, il n’y a pas de déclic, la trajectoire de soin se fait pas à pas, et un jour, la guérison est là. D’autres encore ont des « petits déclics » au fur et à mesure : la parole d’un ami, d’un conjoint, de son enfant, d’un parents, la vision de sa propre image, la prise de conscience des difficultés cognitives grandissantes (il faut donc agir pour pouvoir assurer la vie professionnelle avant qu’elle ne chute), le ras le bol de se sentir à côté, en souffrance, d’être obsédée ; les groupes de parole peuvent parfois apporter ce déclic : entendre ce que l’on vit ou ressent dans la bouche d’une inconnu, on ne s’y attend pas…

      Quoiqu’il en soit, le déclic par la force (« parce que quand même c’est pas compliqué de voir qu’il y a un problème, t’es maigre et/ou tu vomis et/ou tu bouffes sans pouvoir t’arrêter! ») ne fait pas vraiment avancer les choses… Il est important d’aider les personnes qui souffrent de ses troubles à comprendre ce qui se passe dans toute sa complexité. Pour vous qui êtes en souffrance-sans-l’être-vraiment-et-qui-pouvez-vous-en-sortir-seule, vous pouvez vous accorder un peu de répits. Il n’est pas nécessaire de gérer tout, tout le temps, toute seule. Des gens peuvent vous aider, vous accompagner, le tout sans vous priver de votre liberté.

      Merci beaucoup pour votre témoignage, et j’espère que d’autres pourront partager aussi leur histoire. Il est important d’en parler, d’échanger.
      Les groupes de parole de l’association permettent cet échange et de se sentir moins seul, n’hésitez pas aussi à y faire un tour.
      http://association-lanotebleue.fr/groupe-de-parole/

      Aude Réhault

  8. sassa says:

    Bonjour,

    Je vais essayer de résumer 14 années passées de ma vie…
    2000 :anorexique à l’âge de 20ans suite à un régime et un mal être énorme, 1er mariage désastreux, mari volage, manipulateur, dur, grand mal être… fixation sur mon corps, régime (volonté de perdre du poids précisément ma culotte de cheval) je pesais 60kg. J’ai perdu 23kg en moins de 6mois.
    J’étais suivie dans un hôpital accompagnée de ma famille. J’essayais de rassurer ma famille en reprenant du poids et paraître plus heureuse. Je suis passée à anorexique boulimique je suis remontée en poids pour essayer de m’en sortir et accepter ce corps. Divorce en conclusion pour survivre.
    2010 : 48kg je me suis remariée avec un homme formidable et patient qui connait mes démons, j’ai eu un premier enfant en 2011, prise de poids 28kg horrible, trop mal vécu, mal être j’ai tout perdu après mon accouchement acharnée et motivée. J’ai même arrêté d’allaiter pour me priver ou continuer mes crises. Humeur exécrable…. au bout de 3 ans mon mari et ma famille me conseil de faire un 2eme enfant, conseil que je suis…mon Dieu à quel prix. 3 premiers mois de grossesse perte de poids mauvaise alimentation et crises répétitives… début d’une déprime et refus de la grossesse…regrets…je me pose des questions sur mon choix. Je suis enceinte aujourd’hui de 7 mois et demi prise de poids 10kg avec des crises tous les jours. Je suis en congé maternité donc à la maison et pas de temps pour moi car mon 1er enfant n’est pas encore scolarisé. Je survie car je ne supporte pas du tout mon reflet, mon corps, ma prise de poids. Les moments pour m’alimenter sont des tortures le soucis c’est que si je ne mange pas, mon fils de 3 ans me suis. Il a perdu 1kg depuis le début de ma grossesse… lorsque que je me prive, je fais des achats sur internet à me retrouver dans des situations financières catastrophiques alors que nous avons tous les 2 de bons salaires. J’ai dépensé plus de 3000€ depuis le début de ma grossesse. Je suis suivie par une diététicienne spécialisée dans les TCA et un psychologue. Malgré ces accompagnements je suis têtue et reste dans mon monde. Je suis désespérée, quelle mère et épouse je suis… J’ai honte de mon comportement et de mes humeurs changeantes à tout bout de champs.
    Je suis perdue… 14 ans que ça dure et je n’en vois pas le bout.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Il ne faut pas oublier que derrière l’anorexie mentale, il y a un fonctionnement psychique. Celui -ci s’est installé dès votre adolescence pour faire face à des difficultés internes, une souffrance grandissante. Cette armure a eu une utilité, il ne faut le nier. Se défaire d’une armure est compliqué. Votre esprit à le sentiment d’être nu face à un extérieur dangereux. C’est pourquoi il faut que vous puissiez comprendre pourquoi cette armure se maintient encore. Si vous êtes « tétue », ce n’est pas par caprice, mais par crainte de cet autre chose que serait la vie sans cette armure…
      D’autre part, le travail corporel est très important dans une trajectoire de soin. Vous ne pouvez pas faire sans. Le mental anorexique s’installe est anesthésie, vous déconnecte de votre, de vos sensations. Comment réguler un comportement et des humeurs et même une vie si vous vous déconnectez de votre corps? Il est vitale de trouver cette unité entre le corps et l’esprit…

      Aude Réhault

      • Florence says:

        Bonjour Sassa,
        je découvre le site et ton témoignage me touche; j’ai 47 ans et j’ai toujours un mental anorexique malgré un poids normal; je n’ai jamais eu l’obsession de la minceur mais la peur de manger, avec un ressenti du ventre comme envahi par des entités qu’autres que moi-même; sale et impur, comme si j’avais subi des viols et violences.
        je voulais tout d’abord te féliciter pour ton courage d’affronter la vie d’épouse et de mère en dépit de ton trouble anorexique et d’un premier divorce; c’est l’angoisse ultime et tu la confrontes alors que beaucoup l’évitent ou auraient trouvé l’excuse du premier divorce; j’observe que c’est la venue de l’enfant, par le poids que tu as pris (et le ventre enflé ?) qui ont réveillé le symptôme qui était latent; as-tu essayé de travailler sur les mémoires familiales, notamment du côté des naissances, légales ou parallèles, les avortements, fausses couches, ou encore les décès prématurés ou forcés ? bref, la violence, le mensonge, la mort
        je découvre tout juste ces possibilités de soins, notamment avec une thérapie de groupe appelée « les constellations familiales », et çà change la vie, ou plutôt la façon dont notre mental anorexique perçoit la vie et l’autre en général
        N’hésite pas à communiquer tes ressentis; je me sens encore très « borderline » du coté du corps, malgré mon travail avec le chant et la danse, et je partage volontiers mes ressentis; je constate que tu parles de « honte » et « d’humeurs changeantes » et pour information, tu n’es pas seule au monde avec ces sentiments …et pas besoin d’être anorexique pour ressentir ces émotions !

  9. celine says:

    Bonjour,

    J’ai commencé mon anorexie a l’age de 19ans, conséquence d’un régime désastreux, j’ai perdu en l’espace de 5mois une trentaine de kilos, non sans plaisir évidemment, j’y ai également perdu des amis, de la famille, et surtout……moi!

    car comble du comble à l’époque j’étais étudiante en psy clinique et oui, j’ai d’ailleurs « grâce » a mon anorexie passé brillamment tous mes partiels!

    seulement voila a 20ans je fais une chute et me brise le dos, hospitalisation, corset, incapacité a travailler….. devant les médecins, le désarrois de la famille et des amis je veux jouer le jeux et « décide » de me nourrir et je mange; mange mange mange, ne voulant pas vomir je dormais pour « oublier » et reprends alors tous ces kilos perdus et même plus,

    alors je décide de faire un régime parce que les « tu es mieux comme ça » étaient juste insupportable, j’ai mis 1ans a avoir un poids heu normal…

    Aujourd’hui j’ai 29ans et ça fait 10ans que je chante a tous le monde que tout va bien, sauf que j’enchaine les phase de perte de poids (mise sur le compte du travail et du stress) et de prise de poids, tout le monde me trouve « bien » sauf moi, et aujourd’hui je n’ai qu’une idée en tête c’est maigrir .

    J’ai l’impression de n’être guérie qu’a moitié , comme vous pouvez vous en douter je ne supporte pas de ne pas me contrôler sur ceci et je suis affolée de me reconnaitre encore dans les description de cette foutue maladie.

    merci pour votre article.
    Céline.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      C’est une maladie qui « s’incruste » dans votre personnalité, donc on ne perçoit pas tout lorsqu’on ne connaît pas bien cet ennemi…c’est l’un des objectif premier de la psychothérapie : vous aider à définir tout les contours du mental anorexique. Les comportements alimentaires ne sont que la partie visible de l’iceberg. Et il ne faut surtout pas oublier le trouble de l’image corporelle qui est associé. N’hésitez pas à trouver, à défaut d’une psychomotricienne, des activités corporelles. Le but est de vous reconnecter à votre corps, trouver cette unité « corps-esprit » vitale pour le développement de soi.
      Bon courage pour la suite, et n’hésitez pas à nous solliciter si vous avez besoin.

      Aude Réhault

  10. anonyme says:

    Bonjour,
    Je n’ai pas trouvé l’équivalent ‘Mental boulimique dans le site…

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Nous n’avons pas encore publié ce texte en effet. Depuis la création de l’association, nous avons été beaucoup plus sollicités par des personnes souffrant d’anorexie mentale. Nous sommes donc en train d’ouvrir les choses, et les textes et explications ne sont pas encore prêts… Mais nous y travaillons!
      Sachez tout de même que le « mental anorexique » que nous évoquons correspond aussi au personne qui ont des crises de boulimie ; nous parlons des personnes souffrant d’anorexie mentale « de type restrictif » ou « avec crises de boulimie » selon les classifications médicales…

      • anonyme says:

        Bonjour,
        Je comprends.
        Par contre je trouve personnellement qu’il y a plus de différences que de similitudes entre boulimie et anorexie, à plusieurs niveaux.

  11. paty says:

    Bonjour,
    Ma fille, âgée de 21 ans, est anorexique depuis 5 ans et demi. Elle a été hospitalisée pendant 9 mois à 18 ans (juste après son bac) dans une unité spécialisée dans les TCA . Une seule sortie en 9 mois, plus de scolarisation et à sa sortie, elle était encore plus maigre. Bilan zéro. Depuis , elle a repris la fac, est partie en Angleterre 5 mois (erasmus) en début d’année 2012 et avait réussi à se maintenir à 35/37 kg pour 1.60m. Elle est toujours suivi par un psy + médecin traitant mais depuis le mois d’août, c’est la dégringolade ! 32 puis 31 puis 30 kg. Passage en Gastro avec sonde en septembre (prise 1 kg en 15 jours) . Retour domicile. Reprise des cours. Puis de nouveau gastro en décembre mais cette fois-ci transfert dans une unité PSY adulte « classique » . Elle avait elle-même souhaité y aller car elle sait qu’elle a besoin d’aide (c’est la première fois depuis toutes ces années qu’elle exprime ce besoin) et espérait qu’on allait la prendre en charge notamment pour calmer ses fortes angoisses au moment des repas et travailler sur son image corporelle. Or depuis 3 semaines, rien. On lui dit d’être patiente, qu’ils ne sont pas spécialistes, qu’ils vont essayer de mettre des choses en place … mais il n’y a pas de place sur les ateliers de prise en charge corporelle. Alors elle lit le matin et joue au scrabble l’après-midi avec les autres patients. Elle a toujours sa sonde, pèse à l’heure actuelle 32 kg et se désespère. Je recherche actuellement une unité spécialisée dans les TCA susceptible de l’accueillir car je ne peux rester là, à la regarder souffrir sans essayer de l’aider. La maison de solenn ne prend que les mineurs, Abadie que la région aquitaine, Nantes ne veut pas d’elle (car son IMC est trop bas – 12.5- et on lui a dit que son destin était peut-être de mourir) … Peut-être sur Limoges ? connaissez-vous leur unité ? Avez-vous des conseils à me donner ? Merci

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      Je suis choquée par certains propos à la lecture de votre retranscription des refus de prise en charge! Vous devez être franchement courageux (votre fille, vous, votre famille) pour tenir bon et maintenir espoir… Et vous avez raison, car il est possible de guérir de cette maladie, en particulier si votre fille exprime un besoin d’aide…
      Concernant Limoges, je ne peux pas vous dire comment cela fonctionne, je ne connais pas. En revanche, je peux vous conseiller Dijon, dans l’unité du professeur Rigaud, fondateur de l’association Autrement (appelez de notre part). Sinon la clinique des Pages au Vésinet dans les Yvelines (il font des dépassements d’honoraires, mais la prise en charge est « humaine »). Et nous faisons des prises en charge au centre SOS Anor à Paris. Nous avons effectuée quelques suivis de personnes avec un IMC aussi bas, mais il s’agit d’un suivi en ambulatoire…
      Envoyez moi un mail à la.note.bleue@hotmail.fr avec vos coordonnées. Je vous rappellerai si vous souhaitez être un peu mieux conseillé.

      Bon courage et à bientôt,

      Aude Réhault
      Psychologue Clinicienne – Psychothérapeute

  12. Manon says:

    Bonjour,

    Cela fait maintenant 8 ans que je suis attteinte d’anorexie, aujourd’hui j’ai 20 ans, et je me demande si je vais un jour reussir à m’en sortir, sachant que j’ai eu de nombreux suivis, que se soit en libéral, ou durant une de mes hospit’, et j’ai l’impression de ne pas vraiment évoluée…ou trés dificilement et lentement car, on ne peut nié que des choses se sont débloquées.Le probléme reste les angoisses liées au repas et à la prise de poids.
    En effet, mon comportement psychique est mieux (plus ouverte, rigole davantage..);j’ai des amies qui me soutiennent depuis le début; les relations avec mes parents se sont arrangées; je loge dans un studio sur Rennes depuis septembre2011 pour mes études de termL;je suis une personne passionnée par énormément de choses( l’art; la lecture; l’écriture en tout genre;la musique..)et, on me dit souvent, que je me plonge à 100% dans tout ce que j’entreprend; que je croque la vie à pleine dents…mais voila, bien que je trouve du contentement dans ce que je fais; et que je ne suis pas seule la maladie reste fortement présente au niveau pondérale…Je n’ai jamais reussi, en sortant des hô^pitaux à maintenir mon poids, ou alors seulement durant qques mois..les mauvaises habitudes reviennent vite!
    Ma derniére hospit, remonte à l’année derniere, elle c’est bien passée, mon poids est remontée à 29kilos; malheureusement j’aitout reperdu.Aujourd’hui, je suis à 22kilos pour 1métre48.Je sais qu’il faudrait une nouveau séjour, mais je suis fatiguée de ce genre d’aide, puisque depuis mes treize ans je passe ma vie entre  »ces 4murs » pour pas grand chose, au final.A part prendre du poids!
    Du coup, j’aurais aimé savoir si je pouvais trouver un autre moyen pour aller encore mieux, car j’en ai véritablemnt l’envie, mes les peurs de  »passer à l’acte »; d’aller « au délà de l’obstacle » sont trop présentes…?Est-ce que je peux avoir l’espoir en un possible  »mieux être »..car je ne pense pas ppouvoir parler de guerrison, un jour, sachant que cela fait des années que je suis malade; et qu’on est pas tombés sur les bonnes personnes des le départ..?
    Je souhaite avoir une vie plus agréable que celle-çi, et m’éloigner de cette anorexie.Enfin.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      Tout d’abord, la volonté ne semble pas vous manquez… mais il semblerait que ce soit plutôt l’ambivalence (symptômes de la maladie) qui vous parasite.
      Vous semblez être en survie actuellement avec un poids qui chute et qui est relevé durant les hospitalisations. Cette répétition continuelle doit en effet être désespérante. Surtout qu’au final, le poids n’est pas le réel problème dans cette maladie, mais un révélateur, la conséquence d’une souffrance et de dysfonctionnements spécifiques…
      Réussissez-vous à affronter ses difficultés ou tout est focalisé sur le poids? Que vous dise les soignants concernant les rechutes? Ont-ils une explication?
      D’après ce que vous me décrivez, vous semblez n’effectuer qu’une prise en charge de « survie alimentaire » (êtes vous suivi par une diététicienne ou un nutritionniste après hospitalisation pour une stabilisation?), et de psy. Donc cela semble revenir à un simple suivi psy entre coupé de passage à l’hôpital pour du « gavage »…? Le suivi psy seul NE SERT A RIEN. Moi-même psychologue je me rends bien compte que les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire nécessitent un suivi plus complet que cela.
      La clef reste la synergie de la prise en charge sur le plan alimentaire ET psy ET corporel. Si l’on vous fait prendre du poids, sans que cela vienne de votre démarche; que vous voyez un psy qui ne pourra pas avancer tant la prise de poids et/ou les angoisses alimentaires sont grandes (donc vos capacités d’introspection peuvent être diminuées); et que l’image que vous avez de votre propre corps reste déformée et que vous n’y touché pas… L’avancé vers la guérison semblent en effet compromise.
      Pour répondre à votre question « est-ce que vous avez une chance d’aller mieux », OUI. Mais tout dépend de ce que vous allez décider de faire. Vous savez qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans votre prise en charge actuelle…qu’est-ce que c’est? les soignants n’auront peut être pas la réponse à cette question. Il faut que vous réussissiez à ressentir et comprendre ce qu’il vous manque. C’est vous qui savez et personne d’autre. Vous aurez beau aller voir les plus grands spécialistes, ils auront quelques réponses à vous donner (comme celle d’entamer une prise en charge corporelle, alimentaire et psy dans le même temps), mais il faut que vous réussissiez à vous faire confiance, travailler en équipe avec ceux qui vous prennent en charge, expliquez leur ce qu’il semble manquer, ce qui fonctionne avec vous, ce qui ne fonctionne pas avec vous… en essayant de combattre cette ambivalence qui est peut être en vous.

      J’espère avoir répondu à vos questionnement. N’hésitez pas à m’envoyer un mail à la.note.bleue@hotmail.fr en me donnant vos coordonnées pour vous appeler si les choses ne sont pas claires, et si vous souhaitez en discuter.

      Bon courage,

      Aude Réhault

  13. LAURENCE says:

    Bonjour,
    Cela fait depuis ma grossesse en 2009 que je suis devenue anorexique, j’ai toujours fait attention à mon poids et la grossesse était synonyme de prise de poids!
    Le jour de mon accouchement, je pesais 54kgs (pour un 1.68m) qui était mon poids initial. Après j’ai continué à perdre du poids jusqu’à peser à peine 44kgs…
    J’ai péter un plombs : incapacité à m’ occuper de mon bébé, idées suicidaires, séjour en clinique psychiatrique, traitement antidépresseur et régulateur d’humeur, suivi par une nutritionniste (complètement inutile!), thérapie cognitive et comportementale (trés bien les 10 premières séances) et maintenant je consulte un hynothérapeute qui réussi à bien m’apaiser.
    En revanche, mon alimentation est toujours très contrôlée (je mange toujours la même chose) et paradoxalement, je mange 2 tablettes de chocolat noir par jour sans être malade ni culpabiliser.
    Je m’accroche de toute mes forces et j’ espères toujours m’en sortir mais c’est tellement long et difficile.
    Chaque jour, j’ai envie de tout charger dans la voiture et partir loin car je n’en peux plus, je me suis renfermé, je n’ai plus d’ami et je me dis que ce seait mieux pour ma fille et mon conjoint.
    Voilà ma belle histoire…à ne pas copier!

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      Dans le parcours que vous décrivez, vous n’avez pas du tout pris en compte votre corps…? L’anorexie mentale est une maladie qui touche les 3 sphères : alimentaire, psy et corporelle!
      La nutritionniste inutile est souvent celle qui vous fait prendre du poids en vous gavant… malheureusement il vous faut absolument trouver un spécialiste dans ce domaine, sinon ça ne sert effectivement à rien.
      Mais n’oubliez pas que ce qui fonctionne, c’est la SYNERGIE de la prise en charge sur les 3 plans. Si vous ne voyez qu’un psy, ou qu’un nutritionniste ou qu’un thérapeute corporel, il y a moins de chance pour vous que cela fonctionne, et si vous avez de la chance, ça prendra plus de temps…
      N’OUBLIEZ PAS VOTRE CORPS… il est a priori déconnecté de votre esprit (peut être sans vous en rendre compte). Il faut les relier ; c’est aussi la clé des prise en charge TCA.
      En tout cas ne perdez pas espoir, ON EN GUERIT!!!

      Aude Réhault

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