Idées reçues

Tu es folle !

Hystérique, dépressive, psychotique, borderline…tout le vocable psychiatrique y passe, et les traitements qui vont avec : tranquillisants, anti-dépresseurs, neuroleptiques, électrochocs. Leur erreur : prendre vos problèmes pour les débuts d’une maladie d’adulte, l’anorexie pour le symptôme d’autre chose. Votre trouble est singulier, il mérite une approche qui ne l’est pas moins. Même si votre mental est concerné : le mental anorexique ; il n’est pas pour autant une maladie.

Manger c’est une affaire de volonté ?

Les pensées alimentaires qui vous envahissent et vous interdisent de manger agissent contre votre volonté. En fait vous êtes double : une qui aimerait faire plaisir à tout le monde, et l’autre qui s’impose à vous et vous l’interdit. Ce conflit vous épuise.

Tu regrossis, tu es guérie ?

Cette reprise de poids signe simplement que vous êtes passée à la boulimie et que les vomissements ne sont pas loin. Vous n’êtes pas guérit, le mental anorexique est toujours là, qui vous impose sa dictature. L’anorexie restrictive et la boulimie sont les mêmes maladies à des moments différents.

C’est de la faute de vos parents !

Les parents sont désignés comme les grands coupables. Même si ce n’est pas toujours rose avec eux, vous savez qu’il n’en est rien. Dans la prise en charge à domicile à SOS Anor, ils deviendront des alliés thérapeutiques qu’il faudra former. Cela passe par la compréhension des troubles du comportement alimentaire. Des groupes de paroles leur sont destinés.

Vous voulez être à la mode ?

L’anorexie n’est pas l’effet d’un besoin de ressemblance avec d’autres, mais un trouble de l’image de soi. Si la maigreur est à la mode vous n’y êtes pour rien! Votre monde a fait de vous des égéries…bien malgré vous. S’ils avaient idée de votre souffrance et de votre solitude, ils n’envieraient pas votre minceur.

Une maladie de la modernité ?

Sissi Impératrice était la plus célèbre des anorexiques, la princesse Diana était la plus célèbre des boulimiques. L’histoire en est parsemée. La première description médicale remonte à Hippocrate, en somme, rien de nouveau sous le soleil! Avant elles mouraient d’une affection, de carence ; aujourd’hui vous êtes là pour crier votre différence. Et la Note Bleue compte sur vos témoignages (forum, facebook) qui aideront les autres.

Vous êtes une victime des sites pro-ana ?

Jamais une adolescente mis devant ces sites ne deviendra anorexique. Les images sont plutôt dissuasives. Ils sont particulièrement dangereux si vous êtes une boulimique vomisseuse et que vous tentez, au travers de leurs conseils, de vous remettre dans la restriction. La Note Bleue est une alternative à ces campagnes mortifères. Un jour vous irez sur les sites pro-ana, essayez donc La Note Bleue, d’ailleurs vous y êtes!

Une maladie de fille ?

Pas seulement! Les hommes souffrant d’anorexie sont plus nombreux qu’on ne le pense. On les retrouve dans les salles de gym, bourrés de protéines. Leur culte du corps n’enlève rien à leur souffrance. Le mental anorexique est le même, le raisonnement n’est pas moindre. Lorsque le début est précoce, ils sont rejetés des groupes d’ado taxé d’homosexualité, ce qui est faux. Ils seront donc repérés plus tôt, soignés plus tôt, guéris plus tôt.

Tu as envie de te suicider ?

L’idée de la mort n’est pas prévalente chez les anorexiques. Elles n’en ont ni peur ni envie. C’est leur entourage qui s’effraye devant leur inconscience du danger. L’anorexique est inconsciente des risques, et plus elle maigrit, moins elle les voit.

Tu as peur de quelque chose ?

D’être une femme, d’être une adulte de la sexualité… On ne compte plus les femmes mariées qui vivent avec leur anorexie mentale. L’anorexie est la rencontre d’un mauvais traumatisme à un mauvais âge, l’adolescence. Elle est le point de départ de la maladie, qui peut vous suivre toute votre vie si vous ne la prenez pas en compte.

2 Responses to Idées reçues

  1. Florence says:

    Bien vu pour le « mental anorexique » ainsi que pour l’expression masculine du symptôme; pour ma part, j’irai encore plus loin dans le diagnostic du trouble, forte de l’expérience du symptôme (j’ai 47 ans); je suis restrictive « seulement » en période de crise, mais je m’empresse de reprendre mon poids pour rester socialement intégrée et je ne suis jamais tombée dans la boulimie; j’ai transféré mon symptôme alimentaire, moyen addictif de lutter contre le vide intérieur, au travail professionnel dans l’aide aux autres (dans le monde des affaires); les américains appellent cela un comportement de « workoholics » (« drogués du travail », je l’ai écrit comme je l’ai entendu); pour moi, la peur n’est pas seulement d’être une femme, c’est la peur de vivre tout court, la peur de s’individuer face aux pressions parentales dans l’ordre chronologique, puis face à l’autre par la suite, dans tous les domaines relationnels, aussi bien le couple que la vie amicale et même professionnelle; dans ce dernier domaine, cette peur se gère par l’apprentissage et pour ma part, par la contrainte financière (je travaille en libéral); j’expérimente un début de guérison du mental par la démarche spirituelle et par un travail sur les mémoires, notamment transgénérationnelles. Sur ce dernier point des mémoires, je suis particulièrement intéressée d’échanger avec des personnes dont le mental est sous l’emprise du trouble anorexique ou encore des familles à qui ce terme pourrait parler

    • Kate says:

      Bonjour Florence,
      C’est avec très grand intérêt que j’ai lu votre commentaire daté 18 mai 2014. Vu la date, je ne sais si votre souhait d’échanger à ce sujet est toujours d’actualité.
      Merci de votre confirmation.
      Kate

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