Le Thigh gape : mode ou maladie?

De nombreux adolescentes ont cette agaçante manie de se passer, en toutes circonstances, la main entre les cuisses, comme pour se rassurer que rien n’a changé, que l’espace entre les cuisses est toujours le même. Ce geste souvent répétitif n’a d’autre but que d’évaluer l’évolution de leur masse graisseuse comme d’autres le font en pinçant vos poignées d’amour devant la glace de la salle de bain. Elles le font lorsqu’elles sont au régime, parfois même quand elles ne le sont pas. Ce geste devient peut être, une mode, un jeu entre elles, un langage, un défi parfois « plus mince que moi tu meurs ».

Vous userez vis-à-vis de cette mode de la patience dont vous faites preuve pour bien d’autres choses. Finalement toutes les adolescents auront un jour ou l’autre la préoccupation de leurs poids et de la transformation de leur corps. C’est inhérent  à la métamorphose de l’adolescent, qui touche tant le corps que l’esprit.

Une question doit cependant germer dans votre esprit : est-elle anorexique ?

Ce rituel de vérification appartient également ou troubles du comportement alimentaire en particulier aux prémices de l’anorexie mentale. Il intervient bien avant que la maladie ne suscite des comportements alimentaires lisibles (restriction visibles, boulimie, vomissements…)  et avant même la perte de poids.
Vous aurez l’habileté de ne pas lui poser la question directement  et de vous référer à notre article qui fait la distinction entre le régime normal de l’adolescence et l’entrée dans l’anorexie restrictive (cliquez ici pour le consulter).

Les troubles du comportement alimentaire se manifestent également par une organisation mentale singulière que  vous trouverez dans le mental anorexique ou Anor Mind. Il donne le diagnostic bien avant que les signes cliniques classiques n’apparaissent (anorexie, amaigrissement, aménorrhée) qui ne sont que des signes tardifs de la maladie.

Ce n’est que fort  de cette conviction que vous pouvez appeler notre numéro  ou un spécialiste de la maladie. L’entrée dans l’anorexie est souvent couvert par le déni chez la patiente, et une révélation trop brutale risque de l’envoyer dans l’enfermement ou la dissimulation, faisant ainsi reculer l’entrée dans une trajectoire thérapeutique.

Alain Meunier et Aude Réhault

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