Pour l’entourage

6 Responses to Pour l’entourage

  1. BARRIER says:

    Bonjour,
    je suis la maman d’une jeune fille de 17ans anorexique depuis 1 an. je venais juste d’arrêter de travailler au bout de 20 ans dans la même entreprise (je me suis jamais arrête de travailler meme durant mes grossesses juste le minimum donc je ne suis pas habituée à rester à la maison) lorsque nous avons appris sa maladie, je n’ai pas repris le travail pour m’occuper d’elle. elle est descendue jusqu’à 32kgs pour 1m56 l’année dernier elle n’a pa été hospitalisée j’étais toujours là et le suis toujours pour elle à ses petits soins. Ce qui est très dur à gérer au quotidien plus de vie sociale la famille et les amis s’éloignent. Les grand parents ne comprennent pas qu’elle n’est pas été hospitalisée. Et ce qui concerne l’entourage ils ne comprennent pas ou ne veulent pas voir la maladie donc nous laissent de côté.
    Depuis 1 semaine c’est très compliqué, elle va 1 fois par semaine chez la Psychologue et en sortant du dernier RDV elle m’a dit que son mal venait de mois je ne parler pas assez avec elle et que tout mon stress je lui transmettais (ex: lorsque j’expliquais à mon mari ou mes filles ce qui n’allaient pas à mon travail elle le prenait pour) je me culpabilise beaucoup depuis et c’est très tendu car elle me parle plus beaucoup. Mon mari ne comprend pas car nous avons toujours beaucoup communiqué avec nos enfants.
    Merci d’avoir pris le temps de lire .
    En vous remerciant car je suis perdue.

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,
      Lorsqu’un proche effectue un suivi psychothérapeutique, cela peut parfois être compliqué pour l’entourage.La personne va regarder sa vie et remettre en question un certain nombre de choses. Elle passera par des périodes de calme et des périodes de stresse voire d’angoisse, car tout ce qui pouvait être clair, deviendra confus ; les certitudes d’avant vont devenir floues. Mais l’objectif d’une psychothérapie, à terme, est un mieux être, une solidification de l’être, l’optimisation du développement personnel.
      Concernant votre responsabilité, elle est à relativiser. Tout parent transmettra des choses à son enfant, par définition. Dans les transmissions, il y en aura des « positives » et d’autres « négatives » ; qui peuvent être jugées intéressantes selon la période de vie, selon le contexte et selon la personnalité propre de la personne…En bref, vous n’avez pas été parfaite, vous ne pouvez pas être parfaite, et de toute façon il ne le faut pas. C’est aussi par l’erreur que l’enfant va pouvoir se développer normalement. Je vous renvois aux écrits de Winnicott qui a beaucoup transmis sur le rôle de la mère « suffisamment bonne » qui ne doit jamais être parfaite!
      Un trouble du comportement alimentaire a de nombreuses causes qui sont psychologique, biologique et sociale. Donc forcément certains de vos comportements ou même certaines manière d’être que vous avez, ont peut être renforcés l’installation du trouble chez votre fille. Mais aussi sa personnalité propre, son expérience de vie, sa génétique… En AUCUN CAS vous êtes la cause de son trouble alimentaire. La mère (ou les parents) n’est pas responsable.
      Votre fille a peut être besoin aujourd’hui de repérer ce qui, chez vous, a permis l’installation du trouble, mais elle découvrira plus tard les raisons qui lui sont propres, qui lui appartiennent.
      Il est surtout très important de pouvoir rétablir la communication. Que tout puisse être dit. Si elle vous accuse d’erreur, peut être n’a-t-elle pas tort. Ecoutez la, vous n’avez jamais été parfaite. Mais et après? Reconnaissez vos éventuelles erreurs, et trouvez ensemble le moyen de modifier ce qui la et/ou vous fait souffrir actuellement. Elle viendra forcément vous chercher là où vous êtes fragile, c’est le propre de l’enfant quand il grandit. Montrez lui, en tant qu’éducateur, que l’on peut regarder cela, et modifier si cela a des conséquences sur soi ou les autres. Affrontez avec elle l’élaboration, la recherche de compréhension, la remise en question, et surtout la modification.

      N’hésitez pas vous aussi à consulter un(e) psy. Cela pourra vous aidez aussi dans votre démarche d’accompagnement, et notamment dans l’objectif de maintenir la communication ouverte, même si votre fille aujourd’hui n’en veut pas. Comment rester ouvert lorsqu’elle vous rejette… pas évident, mais possible et important pour elle.

      N’hésitez pas à nous réécrire si vous avez besoin.

      Aude Réhault
      Psychologue Clinicienne-Psychothérapeute

  2. Samuel says:

    Bonjour,
    notre fille, jeune adulte de 19 ans, a replongé dans ses troubles anorexiques après une hospitalisation et deux ans de stabilité relative. L’éloignement ajouté au désarroi de se retrouver confrontés aux mêmes comportements déroutant qu’inflige sa maladie, sont particulièrement difficiles à surmonter.
    Vos groupes de paroles pour les proches peuvent-ils accueillir indifféremment des membres de la famille, que le malade soit ou non suivi par les médecins de votre association ?
    En vous remerciant par avance pour votre réponse.

  3. Romain says:

    Bonjour,
    Je m’appelle Romain et j’ai 30 ans .
    Ma copine souffre d’anorexie depuis 2011 elle a 26 ans.
    On s’est rencontré dans une période de mieux il y a un an . Elle m’a parlé de son anorexie cela ne m’a pas du tout gêné mais un peu preocuppé. Je voyais qu’elle était maigre mais elle prenait du poid et se sentait très bien dans sa vie. Seulement j’ai eu du mal à comprendre certain de ses agissements . Je dois avouer que je n’ai jamais repensé a cette maladie a part dans les moments ou elle était anxieuse par rapport à son poid. Je ne savais pas que l’anorexie jouer aussi sur le rapport aux autres et dans la relation avec moi. En fait je n’ai jamais réalisé qu’il y avait un mental et une organisation psychique particulière chez les personnes anorexiques. Cela m’aurait évite pas mal d’incompréhension et je n’aurais surement pas pris certaines choses pour moi. Mais le mal est fait .
    Ma copine tient beaucoup a moi je le sais. Et moi je l’aime . Je ne l’abandonnerais pas.
    Elle est en train de replonger et au fur et a mesure que je découvre cette maladie je comprend beaucoup mieux ces agissements avec moi.
    Seulement à l’heure actuelle elle a voulu une pause . Et nous ne sommes plus régulièrement en contact. Or je sais que son état empire . Elle est mal suivi et à très peu repères . Je voudrais l’aider mais je sens que je l’angoisse désormais. Je lui fait vivre des émotions qu’elle est incapable de gérer en ce moment. Seulement maintenant et depuis 2 jours , j’ai réalisé et pris conscience de son trouble . Je veux l’aider . Je l’a connais très bien et je sais qui elle est en dehors de sa maladie. Elle est en train de la laisser complètement reprendre le dessus et va finir par ne redevenir plus que Ca. Elle s’est mis en mauvaise posture à son travail, veut partir à Paris pour du travail , s’identifie à des filles modèles qui affiche leurs vies virtuelles sur les réseaux sociaux et je pense réinstalle petit a petit tous ces anciens mécanismes liés à l’anorexie .
    Ma position est très particuliere , elle ne veut pas me perdre je le sais . Mais elle ne peut pas revenir . Cela ne me dérange plus . Mais je sais que je peux l’aider . Je m’en sens capable. Mais elle a beaucoup de mal à gérer mes interventions je le sais . Qui il y a peu étaient toutes teintes de tristesse et de désir qu’elle revienne. Et Ca l’a fait culpabiliser je le sais et empire les choses. J’en ai pris conscience. Mai je ne peux pas la laisser comme ça. Elle revoit un psy depuis même pas un mois qui part bientot a la retraite. N’a aucun traitement . Et seule sa mère est vraiment auprès d’elle . Mais c’est compliqué , les troubles sont la aussi a cause d’elle ( qui est par ailleurs quelqu’un d’admirable) et cette ambivalence la laisse d’en un cercle qui ne l’a fait pas avancer.
    Je lui ai proposer de venir a des séances de yoga avec moi mais elle ne m’a pas répondu clairement. Je me dis que bientot je vais lui dire que j’ai compris qu’elle avait replongé et essayer de lui dire de faire le nécessaire pour s’en sortir et essayer de l’écouter mais aussi de lui dire ce que je pense sans jugements et sans attendre d’elle.
    Mais c’est dur je ne sais pas si ce que je fais est bien . Je pense a moi aussi et fait les choses pour rester fort. Mais je n’arrive pas à recréer du lien avec elle. Alors que je sais que je peux lui apporter énormément . Je ne veux pas la laisser . Parfois je me dis qu’il faut que je me dépasses que j’aille la voir par surprise et lui parle d’elle, de son problème et qu’elle peut et doit s’en sortir . Mais j’ai peur que Ca soit pire. Qu’elle le vive comme une intrusion. Et en même temps attendre me fait peur car je sais que son état empire .
    Que dois faire ?

    • Aude REHAULT says:

      Bonjour,

      Votre message est très touchant. Vous semblez avoir un profond respect pour votre amie, et vous semblez avoir compris beacoup de chose du fonctionnement de cette maladie, qui ne reflète en rien qui elle est.
      Il est très difficile de vous répondre par écrit de cette manière. Ce ne serait pas honnête de vous donner des règles de conduite sans vraiment prendre en considération les singularités de votre histoire.
      Ce que je peux vous conseiller, c’est de prendre un rdv avec un psy spécialiste pour un ou deux rdv, simplement pour prendre le temps d’en parler et de bien vous accompagner dans votre démarche.
      Sinon vous pouvez m’envoyer un mail (à la.note.bleue@hotmail.fr, et vous l’adresser à Aude Réhault) avec vos coordonnées pour que l’on puisse s’appeler éventuellement.
      Quoiqu’il en soit, si j’ai bien compris il s’agit pour vous de garder une juste distance avec elle pour ne pas lui mettre la pression et la confronter à des affects qu’elle ne pourrait traverser, et en même temps lui faire sentir que vous êtes là, présent pour elle… c’est en cela que votre demande nécessite plus qu’une réponse par écrit…

      N’hésitez donc pas à me recontacter si vous avez besoin, plutôt par mail pour échanger ensuite par téléphone.

      Aude Réhault

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